|Comptes rendus|Art et culture

Vingt-cinq professionnels venus de plusieurs contrées du Bénin prennent part, du 29 septembre au 3 octobre 2026 à Porto-Novo, à un atelier national consacré à la construction de collections documentaires adaptées aux publics. Au-delà de la formation, la rencontre traduit une ambition plus large, celle de renforcer les bases d’un secteur du livre et de la lecture mieux structuré, davantage connecté à la production éditoriale et en phase avec les orientations du Gouvernement. 

À la Bibliothèque nationale du Bénin (BnB), le livre n’est plus seulement question de rayonnages, de catalogues ou de collections. Il est désormais question de choix, de méthode et de vision. C’est tout le sens de l’atelier national de formation ouvert ce mardi 29 septembre 2026 à la Bibliothèque nationale, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). 

Pendant cinq jours, vingt-cinq bibliothécaires, responsables et animateurs de bibliothèques et de centres de lecture, sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures, sont réunis autour d’un même enjeu : apprendre à mieux construire des collections documentaires capables de répondre aux réalités et aux besoins des publics. Venus de différentes contrées du Bénin, ces professionnels ont répondu à l’appel de la BnB, témoignant de l’intérêt porté à la nécessité de faire évoluer les pratiques, pour répondre efficacement aux besoins des usagers de leurs structures. Un intérêt clairement exprimé à l’entame des travaux par Madame Zita MEHISSOU GNIDEHOUE, Présidente de l'Association des Archivistes, Documentalistes et Bibliothécaires du Bénin, au nom des participants. 

Derrière l’intitulé central de l’atelier « De la sélection à la politique documentaire : construire des collections pertinentes, valoriser le livre béninois et servir la bibliodiversité dans les points d’accès à la lecture », se joue une question essentielle pour l’avenir de la lecture publique. Quels livres voulons-nous mettre entre les mains des lecteurs béninois et quelle place voulons-nous accorder à la production éditoriale nationale ? 

Et c’est précisément sur cette question que le Directeur général de la Bibliothèque nationale du Bénin, Monsieur Koffi ATTEDE a voulu placer les participants face à leurs responsabilités. Dans son allocution d’ouverture, il a rappelé que choisir un livre pour une bibliothèque revient à déterminer ce qu’une communauté pourra lire, comprendre et imaginer. Une manière de remettre la politique documentaire au cœur de la mission des professionnels et, plus largement, de la construction d’une société de savoir. Pour lui, derrière une formation technique sur les collections documentaires, se dessine une volonté de repositionner la Bibliothèque nationale comme un véritable moteur de la chaîne du livre et de la lecture au Bénin. 

Profitant de son intervention, le DG ATTEDE a levé un coin de voile sur les grands chantiers que la BnB se donne les moyens d’amorcer pour changer le regard d’une structure réduite à la seule conservation des collections nationales. Et cet atelier d’une semaine vient comme le début d’une dynamique plus large avec les nouveaux chantiers annoncés. Cette dynamique participe d’une volonté de remettre en mouvement les différents maillons de la chaîne du livre et de faire de la Bibliothèque nationale un véritable point de convergence entre auteurs, éditeurs, imprimeurs, libraires, bibliothécaires et acteurs de la lecture. 

Cette orientation se traduit déjà par plusieurs chantiers annoncés par la direction générale de la BnB. Il s’agit de la modernisation du dépôt légal, l’élaboration d’une bibliographie nationale complète, la mise en place d’une plateforme statistique de la chaîne du livre, le développement d’une Bibliothèque numérique nationale et la préparation d’un plan stratégique de développement 2027-2033 adossé à la vision Bénin 2060 Alafia. Il ne s’agira donc plus seulement de faire vivre les bibliothèques publiques et privées, mais de mieux les outiller pour qu’elles deviennent des espaces vivants capables de porter la mémoire, la création et les savoirs du Bénin. « Vous n’êtes pas des gardiens de rayonnages ; vous êtes des passeurs de mémoire et d’avenir », a ainsi lancé le Directeur général aux vingt-cinq participants, les invitant à repartir de Porto-Novo avec des méthodes, mais également avec une nouvelle conviction dans l’exercice de leur métier. 

Cette ambition de la BnB trouve un écho particulier dans l’accompagnement de l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour sa représentante, Madame Marie Isabelle BA, l’enjeu est de faire des bibliothèques publiques, communautaires et associatives des lieux vivants, attractifs et réellement adaptés aux besoins des lecteurs. L’atelier doit ainsi permettre aux professionnels de partager leurs expériences, leurs difficultés et leurs pratiques afin de faire émerger des solutions concrètes pour la lecture publique au Bénin. 

La valorisation du livre béninois occupe également une place centrale dans cette démarche. Il s’agit de faire davantage entrer dans les collections les auteurs, les éditeurs, les jeunes plumes, les langues nationales et les différentes expressions de la diversité culturelle du pays. Une orientation qui rejoint la volonté affichée par la BnB de mieux relier les différents acteurs de la chaîne du livre et de donner une plus grande visibilité à la production nationale. 

À Porto-Novo, les participants ont ainsi cinq jours pour apprendre, échanger et surtout repartir avec des outils susceptibles de transformer leurs pratiques grâce à des formateurs chevronnés commis à la tâche. Car derrière chaque ouvrage sélectionné, chaque collection constituée et chaque lecteur accueilli se joue une part de l’avenir culturel du pays. La BnB entend désormais en faire une dynamique collective.

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