Economie et Finances : Comprendre les dernières performances économiques enregistrées par le Bénin

Le Ministre de l’Economie et des Finances, était le vendredi 10 juillet 2020 face aux professionnels des médias à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. Face aux journalistes de la presse nationale, Monsieur Romuald WADAGNI a expliqué les facteurs à la base des dernières performances économiques enregistrées par le Bénin sur le plan africain et international.

Comptes rendus

Retrouvez ci-dessous la transcription des propos du ministre du MEF lors de sa conférence de presse sur le thème est : « Comprendre les dernières performances économiques enregistrées par le Bénin »

Depuis décembre 2016 où le Président de la République a présenté son Programme d'Actions du Gouvernement, Programme qu'il a dénommé "Bénin Révélé », vous notez tous avec moi que le Bénin n'a de cesse de se révéler, se révéler à nous-mêmes, se révéler à la sous-région, se révéler à l'Afrique et au monde entier. Les performances sur le plan économique, confirme cet état de chose.

D'abord, je voudrais commencer par le Bénin dans l'UEMOA. Vous avez noté comme moi que le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a classé le Bénin en tête de performance s'agissant de l'Indice de Développement Humain (IDH). Vous savez, c'est cet indice qui est apprécié chaque année par le PNUD qui évalue la qualité des soins, l'expérience de vie de la population, mais également la qualité et l'accès à l'éducation des populations. Et j'aime commencer par cet indice parce que généralement quand on parle d'agrégat macroéconomique, on se dit c'est des chiffres. Mais j'ai pris cet exemple pour démarrer mes propos pour montrer que, il faut des chiffres pour montrer que la prospérité et le bien-être des populations suivent. Et donc, au sein de l'UEMOA, le PNUD dans son rapport, nous a classé en 2018 et en 2019 comme en tête de performance sur l'Indice de Développement Humain. Le dernier rapport de la Commission de l'UEMOA a également présenté le Bénin comme le pays ayant fait la plus forte performance en matière de réformes et d'internalisation des directives et normes communautaires. La notation obtenue dans le dernier rapport de la Commission de l'UEMOA n'a jamais été obtenue depuis l'existence de cette union donc depuis plus de 40 ans. Quand on va un peu plus loin au niveau de la CEDEAO, de la même manière le dernier rapport de la Commission de la CEDEAO indique le Bénin est le seul pays qui a effectivement mis en œuvre les principes et règles de libre échange et de circulation des personnes et des biens. Ça ne s'était jamais produit jusque-là.

Nous sortons un peu plus loin, quand on regarde l'ensemble des pays francophones d'Afrique, le Bénin a été noté encore au titre de 2019 comme étant le numéro 01 en matière de transparence budgétaire ; notation effectuée en partenariat avec les institutions internationales indépendantes financées par l'Union Européenne. Vous voyez donc que dans l'ensemble des pays francophones, le Bénin est reconnu pour la qualité de sa gestion des Finances publiques et notamment la transparence dans la gestion budgétaire.

Encore un peu plus loin en Afrique, le Bénin a été le premier pays à faire une émission obligataire de type Euro bond. La plupart des pays d'Afrique et même hors de l'Afrique, quand ils font leur première émission obligataire, ils le font généralement en dollar. Parce que le marché du dollar, c'est le marché le plus profond, c'est le marché qui offre beaucoup plus d'argent à lever et donc pour ne pas prendre des risques, généralement on va sur ce portefeuille. Mais le Chef de l'État a souhaité avec la volonté de contrôler les risques que nous prenons, que nous fassions l'opération en Euro. Nous nous sommes organisés pour faire cette opération en Euro. Plusieurs des spécialistes ici et là nous disaient que cette opération n'allait pas réussir et vous avez bien vu vous-mêmes le grand succès qu'a connu cette opération qui a obtenu un taux de souscription de plus de 250% avec les félicitations de plusieurs institutions internationales y compris le Fonds Monétaire International (FMI).

Pour la première fois, le Bénin fait quelque chose que personne jusque-là n'a réalisé en Afrique. Bien entendu lors de la dernière Assemblée générale annuelle de la Banque africaine de développement (BAD), le Bénin pour la première fois de son histoire a obtenu le Prix du meilleur Ministre des Finances.

Quand on quitte l'Afrique et on se positionne au niveau global, on voit que de plus en plus, quand les grandes institutions internationales cherchent à prendre des modèles en Afrique, on pense au Bénin. C'est ainsi que sous l'impulsion de l'Allemagne, l'Union Européenne et le G20 ont lancé l'initiative Compact With Africa (CwA). Le Bénin a été l'un des tous premiers pays à être retenu pour participer à cette initiative. Initiative qui vise à accompagner les États à faire des réformes en vue d'élargir le tissu du secteur privé et attirer les investissements étrangers. Par le passé, on n’aurait même pas pensé au Bénin pour lancer de pareilles initiatives.

De la même manière, les Nations Unies en partenariat avec le Fonds Monétaire international, quand ils ont décidé de choisir au niveau mondial cinq (05) pays pour l'initiative Suisse qu'on appelle le Costing (l'évaluation du coût des ODD), le Bénin a été choisi avec le Rwanda comme les deux seuls pays d'Afrique. Au niveau de l'Amérique Latine, le Guatemala a été retenu et au niveau de l'Asie, l'Indonésie et le Viêtnam ont été retenus. Donc vous voyez quand le FMI et les Nations Unies, les grandes institutions s'asseyent pour lancer les projets pilotes, et quand ils veulent choisir 5 pays au niveau mondial, le Bénin est choisi parmi les deux pour représenter l'Afrique.

Pour la première fois de notre histoire, l'année passée, ceux qui connaissent la Banque mondiale, ceux qui vont sur le site de la Banque mondiale ont pu noter que pendant plusieurs jours, il a été affiché l'opération de reprofilage que le Bénin a réalisé. Nous avons fait une opération de reprofilage unique en partenariat avec la Banque mondiale, l'agence ATI ACA basée à Nairobi et une poule d'une vingtaine de compagnies d'assurance basées à Londres qui pour la plupart n'ont jamais entendu parler du Bénin ; qui se sont mis ensemble pour nous aider à faire cette opération de levée de fonds pour remplacer de la dette chère par de la dette beaucoup plus longue et moins chère. Et la Banque mondiale a salué cette opération qui a été présenté sur son site pendant plusieurs jours. Mieux, cette opération a été considérée par la Banque mondiale et les institutions internationales comme la meilleure opération financière de l'année 2018. Dans la même veine toujours au niveau global, lors des dernières assemblées annuelles de la Banque mondiale à Washington, le Bénin a obtenu le prix de la meilleure gestion de dette en Afrique subsaharienne. Donc c'est de bels exemples, encore de succès des choses qui ne sont pas réalisés jusque-là.

Je voudrais maintenant m'attarder sur les trois grandes nouvelles que nous avons obtenues les trois dernières semaines.

- La première, c'est le fait qu’au 1er juillet 2020, dans son dernier classement, la Banque Mondiale a classé désormais le Bénin comme un pays à revenu intermédiaire. Jusque-là, nous étions dans la catégorie des pays à revenu faible. Ce qui est historique puisque nous laissons derrière nous, tout un groupe de pays que certains considèrent jusque-là comme des modèles pour le Bénin.

- Deuxième nouvelle récente, c'est le fait que la Banque mondiale a également publié son indice CPIA. Il s'agit d'un indice qui mesure la qualité de la gouvernance économique. Quand on regarde les performances que nous avons faites sur cet indice, pour la première fois depuis 2008, nous avons progressé. Nous avons eu la deuxième meilleure performance en Afrique en matière de gestion des Finances publiques, ce qui est également une excellente nouvelle.

- La troisième dernière nouvelle récente, c'est le fait que les agences de notation, toutes celles qui nous notent avec en tête Standard & Poor’s, nous ont maintenu notre notation dans un contexte où la plupart des pays sont dégradés. Alors quand en période de crise, la plupart des pays sont dégradés mais que vous vous êtes considérés comme une économie suffisamment solide avec des fondamentaux capables de tenir pendant la crise, je pense que ça aussi c'est une très bonne nouvelle qu'il faut célébrer.

Je voudrais que chacun retienne deux choses :

La première : c'est que toutes ces performances n'auraient pas été possibles sans le travail de chacun et de tous. Parce qu’on ne peut pas les avoir de façon aussi durable depuis 3 ans, si derrière, il ne s'agit pas d'une action synchronisée, d'une action collective, qui rentre dans un Programme d'actions du gouvernement clair.

La deuxième chose est que dans l'histoire du Bénin, on peut dire que c'est les mêmes Béninois mais pourquoi aujourd'hui nous faisons des choses que personne n'a jamais faites en Afrique. Nous faisons des palmarès, nous sommes au top des palmarès où on n'a jamais été cité. Il faut donc retenir que depuis 2016, nous avons un Chef de l'État qui a affiché une ambition, des objectifs, un Programme d'actions du gouvernement, qui mobilise l'ensemble de la population, l'ensemble du gouvernement, travaille avec acharnement, dans la discipline, avec sérieux, pour que nous donnions ces résultats-là. Et c'est important de le souligner parce que, quand vous ne savez pas pourquoi vous avez les résultats, vous ne pouvez pas les faire durer, vous ne pouvez pas les pérenniser. C’est le succès de nous tous car, nous avions tous contribué à travailler de façon synchroniser sous la direction du Chef de l’Etat pour avoir ces résultats probants et élogieux à contribuer. Le Bénin va se révéler au monde et c’est ce qui se passe.

Je vous remercie.

Journaliste 1 :

* Le thème « Bénin classé dans les revenus intermédiaires » est-ce que cela ne peut pas avoir comme conséquence, la réduction de notre pays à l’accès aux financements concessionnels ?

* Je me suis étonné la dernière fois d’apprendre que le gouvernement a malgré les impacts négatifs de la Covid-19, racheté ou fixé ou reconduire les prix en matière de campagne cotonnière, les anciens prix ont été reconduits alors que dans la sous-région, certains pays l’ayant acheté revenu à des prix inférieurs. Quel est le gris-gris sous Talon pour réussir ce miracle ? Et ceci me pousse directement à dire ou demander de me donner quelques exemples sur les réformes qui ont réellement payé dans le secteur agricole.

Journaliste 2 : Depuis bientôt un an, le Nigéria a fermé ses frontières, ce qui a fait dire à beaucoup de compatriotes qu’on aura du mal à survivre. C’est vrai que pendant longtemps, on pense que sans le Nigéria l’économie béninoise est enrhumée. Un an après vous avez étalé un certain nombre de performances. Dites-nous, concrètement est-ce qu’aujourd’hui vous pouvez affirmer que le Bénin peut vivre sans le Nigéria ? Deuxième question, je voudrais parler des différents classements, je reviens sur le Standard & Poor’s et la note B+ a été maintenue pour le Bénin alors que d’autres pays et pas des moindres ont dégringolé notamment à cause de la crise du coronavirus. La question qu’on se pose, si ce n’est pas des indices préfabriqués ? Est-ce que le Bénin n’est pas dans un système où il arrive à attirer plus la condescendance de ces indices ?

MEF : La Banque Mondiale, qui sur la triennale passée avait accordé au Bénin, un financement de 480 millions de dollars, nous en accorde cette fois-ci 627 millions de dollars. Beaucoup plus, avec la moitié, plus de 327 millions en dons. C’est la première manière de répondre, pour dire non concrètement le fait pour le Bénin de passer de la catégorie de pays à revenu faible à revenu intermédiaire, n’est pas un handicap pour accéder au financement. Puisque la Banque Mondiale même qui fait ce classement, le jour où il le fait, il nous donne beaucoup plus et nous alloue pour les trois années à venir, plus de 300 millions de don. Deuxième manière de répondre à cette question, vous savez quand vous prenez les institutions comme la Banque Mondiale, la BID ou la BAD, je prendrai la BAD pour montrer l’exemple. Il y a plusieurs guichets. Quand vous êtes un pays à revenu faible vous avez accès à un guichet qu’on appelle au niveau de la BAD « guichet FAD ». C’est un guichet qui généralement couvre des projets de taille modeste. Et quand vous êtes un pays à revenu intermédiaire, non seulement vous continuez à bénéficier du « guichet FAD » et vous avez maintenant accès au « guichet BAD ». Je vous apprends que dans la sous-région, le fait de passer de revenu faible à revenu intermédiaire, nous rejoignons le Sénégal et la Côte d’Ivoire, qui eux aujourd’hui au niveau de la BAD bénéficient à la fois et du « guichet FAD » le guichet destiné aux pays faible, mais également du « guichet BAD ». Nous gardons intacts tout ce que nous avons et nous avons accès à des complémentaires. Deuxième manière d’expliquer qu’il n’y a pas d’inquiétudes à avoir. Si vous décider un jour de faire un don, vous avez dans votre portefeuille une pièce de 100 francs et un billet de 1000 francs, vous décidez de faire ce jour-là, parce que vous célébrez votre anniversaire ou je ne sais quoi, vous voulez donner. Vous sortez de chez vous, vous voyez un monsieur assis par terre, mal habillé et qui prononce la phrase suivante : « je n’ai rien à manger, aidez-moi donnez-moi de quoi manger », je parie que vous lui donnerai la pièce de 100 francs. Vous retournez chez vous et vous ressortez, vous voyez un monsieur propre qui vous aborde et qui dit « monsieur je n’ai vraiment rien, aidez-moi, donnez-moi de quoi manger ». Je parie que, à lui, vous lui donnerez 1000 francs, parce que vous jugerez que lui donner 100 francs serait à la limite, l’insulté. Et c’est de ça qu’il s’agit. Vous voyez quand je ramène ça à vous-même, ça vous parle, quand je ramène ça aux autres institutions, ça vous parle et quand je ramène ça à la Banque Mondiale, on a la démonstration que non, ce qui vient de se faire et qui est historique ouvre le champ à l’accélération du développement du Bénin. Nous allons non seulement continuer à avoir accès aux financements concessionnels mais nous allons pouvoir augmenter le volume de ces financements déjà disponibles et accélérer donc le travail pour la prospérité pour l’ensemble de la population.

Deuxième question que vous aviez, c’est de dire que finalement le Bénin maintient le prix des produits agricoles alors que plusieurs pays dans la fixation des prix ont baissé les prix. Ça été une préoccupation forte du Président de la République de dire que c’est une manière pour nous d’accompagner nos exploitants, nos producteurs dans le secteur agricole. C’est de veiller à ce que la chute brutale des produits des prix au niveau international n’affecte pas leur pouvoir d’achat, et donc démotive leur envie de continuer à produire. Si nous voulons que le coton qui représente 1/3 de notre production aujourd’hui continue, il fallait absolument veiller à ce que, le soutien au secteur agricole se poursuive et que ces indices-là, ces prix-là se maintiennent. Donc il s’agit d’une action qui est en parfaite cohérence avec notre plan pour le secteur agricole. Il a été noté que dans les systèmes ou à chaque fois qu’il y a des variations structurelles de nature, si vous, systématiquement vous faites refléter ça sur le niveau de vie de l’exploitant vous allez noter qu’en fait il y aura des variations également dans la productivité puisque, un coup le secteur devient attractif, un coup il est moins. C’est pour éviter donc cet élément là que le gouvernement en toute responsabilité a fait ce choix qui est en totale cohérence donc avec les actions et les réformes que nous faisons dans le secteur.

Sur le Nigéria, c’est une question à laquelle j’ai eu l’occasion de vous parler, la question est de savoir si le Bénin peut vivre sans le Nigéria, la réponse est non. Nous sommes dans un monde globalisé et personne ne peut prétendre aujourd’hui je peux vivre sans l’autre. Nous sommes des pays voisins, nous avons de l’interdépendance. Notre stratégie est claire, nous avons pour plan de travailler en synergie en bonne intelligence avec le Nigéria. Nous avons des atouts qui peuvent profiter au Nigéria. Il a des atouts qui peuvent nous profiter. Il faut reconnaître que pendant longtemps, la facilité a prévalu. C’est-à-dire faire uniquement acheter et vendre ou servir de transit pour le Nigéria. Ces éléments-là, dès qu’il y a un coup ou un choc, on voit que ces types d’activités souffrent. Et donc nous sommes en discussion avec le Nigéria. Il est en discussion avec nous, engagé dans un partenariat qui fait que nous d’être ensemble. Et donc personne ne peut prétendre, et donc personne ne peut dire, je peux me passer de mon voisin, surtout que nous avons des frontières aussi poreuses, nous avons des communautés, des populations qui parlent la même langue, qui ont les mêmes cultures, donc on ne peut pas dire ça. De façon concrète vous voyez qu’aujourd’hui c’est ce que nous essayons de faire, quand on lance des plans de développement, de transformation de nos produits agricoles, c’est pour pouvoir servir d’avantage le Nigéria. Nous ambitionnons d’ici trois ans de dépasser le million de tonnes de riz et ces productions, l’essentiel ira vers le Nigéria. Qu’est-ce que nous pouvons produire ici, transformer et échanger avec nos frères du Nigéria, et aussi qu’est-ce qu’ils ont comme atout dont nous pouvons bénéficier, c’est de ça il s’agit.

Ensuite, il y a une question qui dit oui, le Bénin maintient sa note, est ce que ce n’est pas des indices préfabriqués. J’ai deux manières de répondre à ça. Hypothèse n°1, il s’agit de prix bidouillés fabriqués. Si c’est si facile de bidouiller les chiffres, convaincre le fond monétaire international, Banque Mondiale, l’Union Européenne, BAD et toute la terre entière qui de façon synchronisée, de façon cohérente depuis 3 ans, les palmarès se multiplient, bon c’est que quelque part il y a un génie. Alors là, dans ce cas pourquoi ce génie ne s’est pas mis en œuvre depuis ? Quand ce génie fait que là le 1er juillet on vous donne 627 millions de dollars, pour appuyer votre développement… deuxième manière de répondre c’est de dire, vous savez quand vous commencez à faire des performances vous suscitez ce qu’on appelle « spotining », c’est-à-dire, on vous regarde en détail, on script tout ce que vous faites. Et je vous rappelle que le Fonds Monétaire International était encore là en Avril passé et je peux vous dire que quand vous êtes en programme, et qu’ils mettent leur tampon, c’est que, il y a un contrôle sévère qui est fait. Vous me faites penser à la notation du fonds monétaire international. Le Bénin sur les 3 dernières années, nous avons subi 06 contrôles du fonds monétaire international et nous avons de façon constante obtenue la note très satisfaisante, qui est la note la plus forte et qui est la note jamais donnée à un pays en Afrique. Si vous bidouillez et que vous avez ça, alors chapeau. Parce que je vous apprends que quand le fonds monétaire International arrive, ils parlent non seulement à toutes les administrations, parlent aux institutions et vont chercher des informations au sein du secteur privé. Ça veut dire que ce n’est pas seulement le gouvernement qui bidouille, mais vous aussi vous bidouillez, le secteur privé bidouille et tout le monde bidouille mais de façon synchronisée. Alors bravo. Moi je suis bluffé, non, soyons sérieux non.

Je pense que, ceci comme je l’ai dit tout à l’heure, c’est le fruit du travail collectif. C’est parce que justement, chacun des secteurs d’activités fait ses réformes, fait son travail, que tout ça rentre bien dans le programme d’action du gouvernement, c’est pour ça qu’on a ces résultats. Maintenant il faut que vous soyez fier de ça, qu’on continue parce qu’il ne faut pas qu’on relâche. C’est ce que je disais, quand vous commencez à être cité, on ne tire que sur les fruits mûrs, n’est-ce pas ? Alors tout le monde nous regarde, nous n’avons pas le droit de baisser les bras, nous devons continuer l’effort parce que nous voyons au quotidien que ça change. On parle de la pandémie du Covid-19, tout le monde dit que le bénin a plutôt une gestion bonne de la pandémie, comparé à d’autres et compte tenu de l’ampleur de la maladie. Quand aujourd’hui quelqu’un tombe malade, c’est l’Etat qui prend l’intégralité des coûts, nous avons des brigades qui passent dans les maisons, qui apportent des médicaments, qui amènent les gens en soin. Zéro coût pour le contribuable. C’est grâce à ces efforts là que vous bénéficiez de ça. A l’heure où je vous parle, nous sommes en train d’installer à Natitingou, un centre de prise en charge des malades. Des investissements de plusieurs milliards, mais ça c’est le fruit de nos efforts. Donc ça c’est la matérialisation de ces palmarès, etc…. Donc si c’était bidouillé il n’y aurait pas eu du concret derrière, il y a du concret.

Journaliste 3 : Ces éléments qui permettent aujourd’hui aux agences de notation de donner des points positifs à notre pays, puisque l’évaluation est annuelle, est-ce que vous nous donnez l’assurance que les années qui vont suivre le Bénin va continuer à inscrire cette marge positive là et la toute dernière question c’est par rapport au geste fait par le gouvernement en direction des personnes touchées par les mesures restrictives liées à la pandémie du Coronavirus, les bénéficiaires pour la plupart sont rentrés dans ce qui a été promis, ce qui aujourd’hui se rendent compte que le gouvernement a tenu parole, qui pour certains ont été victimes de la même situation, qui n’ont pas pu se faire enregistrer, est-ce qu’il y a eu une seconde chance pour ces personnes ?

Journaliste 4 : Le charme que dégagent les agrégats au niveau de l’économie de notre pays, pousse certains de vos compatriotes, à se demander s’il n’y a pas une dose de make-up. Vous avez dit qu’il n’y a pas eu de bordure. Dites-leur s’il y a eu tout au moins une sorte du visage de notre économie au plan mondial. Ma deuxième préoccupation, c’est de savoir aujourd’hui quel est le seuil de vulnérabilité à la pauvreté du béninois ou des béninois.

MEF : Quand on regarde, on évalue la production de richesse d’un pays, en fait, c’est la somme des valeurs ajoutées de chacun des acteurs économiques. Donc, caricaturalement c’est la somme de tout ce que chacun produit au niveau du pays. Ça s’évalue en référence à un niveau donné. Pour le visualiser, je donne l’exemple de quelqu’un qui a une exploitation, une bananeraie.

Il a une plantation avec 100 bananiers là-dessus. Nous sommes dans les années 2010. A la fin de l’année 2010, il sait qu’il a 100 bananiers et que pour 2010, chaque bananier a produit 5 régimes de bananes, qu’il pourra vendre à un certain prix donné. Au cours de 2010, cette année là où il a compté le nombre de bananiers et évalué la production, il s’est dit que combien il a produit pour cette année. On va dire que 2010 devient son année de référence pour cet exploitant. L’année suivante, pour évaluer ce que chacun fait, ce que chacun a produit, on ne retourne pas évaluer individuellement, ça c’est les normes au niveau mondial sinon on ne le ferait pas ça prend des mois pour faire ces évaluations. Donc l’année d’après, on évalue en référence et les autres années aussi en référence à l’année 2010 dans mon exemple. Donc 2011, 2012, on va dire ok... 2012 par exemple, compte tenu de la pluviométrie, tel élément etc... Finalement un bananier, ça n’a pas produit 5 régimes mais plutôt 4 ou 6. En fonction de ça on l’extrapole aux 100 bananiers qui ont été décomptés en 2010. Et donc en 2012, imaginons qu’on nous dise que chaque bananier ait produit 10 régimes, on dira pour cet exploitant, en 2012 il a 6 régimes fois 100 régimes de bananes, au prix et on sort une valeur de sa production, d’accord. Mais imaginez qu’en 2010 et 2012 il ait planté d’autres bananiers.

Dans le modèle macro, on ne tient pas compte de tout ce qu’il a produit en plus, on reste sur l’année de référence, on reste sur l’estimation, l’identification des facteurs de production de cette année de référence et on fait des approximations, des estimations dans le temps. Alors la bonne pratique au niveau international est de dire que, cette année de référence là, plus vous vous éloignez de cette année, moins c’est précis. Plus vous vous éloignez de cette année de référence, moins ce que vous donnez comme chiffre est exact. Parce que, tout ce qui est activité nouvelle, nouveau facteur de production, fatalement vous les mettez de côté et pire, même les anciens facteurs de production, il est possible que s’ils ont baissé en performance ou que l’évolution technologique a fait que plus de productivité, il est possible que vous les évaluiez mal. Il est recommandé que 01 fois tous les 05 ans, l’on change l’année de référence et qu’on refasse un exercice de base. C’est ça le rebasage. Le rebasage, c’est le fait de ré-estimer les facteurs de productions et de changer cette année de base. Il y a d’autres facteurs, mais je fais simple. Dans notre cas, imaginons que cet exploitant depuis 2010 en 2020 il décide de recompter. Il dit : tient mon bananier ; un bananier ça fait des pousses, ça fait d’autres pousses d’autres bananiers, j’ai plus 100 mais j’ai 130, et chaque bananier fait 06 régimes et il compte et on voit maintenant que sa production ce n’est plus les 500 régimes mais c’est plutôt 800. Est-ce que pour autant c’est faux les 800 régimes de bananes ? Nous sommes en macro-économie et il y a des méthodes qui sont mondialement reconnues. Je vous apprends que le Bénin, nous avons fait le choix, nous quand nous avons fait notre exercice de rebasage, de nous appuyer sur une structure qu’on appelle AFRISTAT, une structure qui est basée à Abidjan mais aussi sur le fonds monétaire international en direct. Donc nos chiffres ont été revus, revus par les experts de plusieurs pays. Et donc quand vous faites tout ça et qu’après, derrière on commente... Vous savez, vous ne pouvez pas empêcher les gens de penser ce qu’ils veulent. Je vous apprends que notre année de référence retenue maintenant est 2015. L’année qui servait de base pour évaluer ce tout qu’on produisait, c’était 2007. Donc en 2020, nous étions à 13 ans. Or les bonnes pratiques disent tous les 05 ans. Et comme nous avons démarré cet exercice en 2019, il fallait prendre une année de référence. L’année de référence doit être une année pour lesquelles des données statistiques existent.

En 2015, nous avons fait une grande enquête sur les ménages, nous avons un certain nombre de données qui existent et c’était l’année pour lesquelles nous pouvons trouver les données nécessaires pour faire ce travail. Et c’est pour ça que nous avons pris 2015. Et donc, le fait qu’on ait pris 2015, ça se justifie, le fait de changer d’année de référence, ça se justifie, c’est pour rentrer dans les bonnes méthodes. Vous savez sur les 05 dernières années on a le Sénégal qui a fait le même exercice de rebasage plusieurs fois, le Nigéria vous savez, la dernière décennie, l’industrie cinématographique Nollywood et les tous films du Nigéria se sont développés. Ça devient une usine en millions de dollars. Et l’ancienne référence n’intégrait pas l’activité du cinéma. Et donc quand on évaluait on mettait à côté toute cette activité au Nigéria. Mais quand le Nigéria a réévalué les facteurs de production, a refait son exercice de rebasage, le Nigéria a augmenté 60% de son PIB et est devenu la première économie d’Afrique. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas vrai mais ça veut dire que quand vous vous comparez par rapport à une année qui est trop lointaine et d’autres chose se sont passées, l’évolution des nouvelles technologies, les mobile money, les secteurs, tout ce qui est Data, tout ce qui s’est passé dans l’économie numérique, n’était pas pris en compte dans plusieurs pays. Et donc tous les pays sont entrains de faire le même exercice. Tous les pays auxquels on se compare, que ce soit le Sénégal, la Côte d’ivoire... tous ces pays ont fait plusieurs fois cet exercice, nous nous l’avons fait qu’une seule fois depuis des années.

Je voudrais enchaîner par la question sur le soutien aux artisans et aux exploitants qui fournissent des services. Le gouvernement a annoncé qu’un soutien serait fait, un site internet a été créé et s’en est suivi tout un protocole. Vous avez dit tout à l’heure qu’il y a des personnes qui ne croyait pas à ce que le gouvernement a dit et qui maintenant viennent dire qu’ils ne savaient pas que c’était vrai. Ces doléances, nous allons les porter au niveau du gouvernement, car, chaque béninois a droit à la protection du gouvernement. Donc ce sera un sujet qui sera porté au gouvernement donc qui sera débattu. Mais ça me permet de rappeler un certain nombre de choses, tout à l’heure je vous ai dit, que l’un des facteurs de notre succès c’est le travail synchronisé dans la discipline. Alors quand on ne respecte pas les règles, quand on ne suit pas les préconisations, ça ne marche pas. Quand on a décidé d’apporter le soutien aux artisans, que ce soit les tokpa-tokpa, les couturières, etc... Les restaurants, les tenanciers de bars, on a classifié les personnes, on a dit nous voulons couvrir tout le monde, y compris les personnes qui évoluent dans l’informel, les personnes qui n’ont même pas d’existence légale, qui n’ont même pas pris d’autorisation mais qui exercent, qui n’ont même pas de numéro d’IFU, qui ne payent pas d’impôts, nous voulons couvrir tout le monde. La question c’est combien donner à chacun. Sur le site internet, chacun déclare ses pertes. A l’issue de la période d’inscription, nous avons classé les personnes en plusieurs catégories, notamment les personnes qui sont formelles et les personnes qui sont informelles.

Les personnes qui sont formelles, c’est les personnes qui ont un IFU, qui ont une existence vis-à-vis de l’impôt et qui paient l’impôt. Le gouvernement a décidé que pour ces personnes-là, on en avait plus de 5000, autour de 5000, que l’Etat allait leur donner 100% des pertes, l’Etat allait leur compenser 100% des pertes. Donc tous ces acteurs qui sont inscrits et qui paient les impôts, et qui du fait de la Covid-19, ont subi des pertes, l’Etat allait leur donner 100% de la perte. On s’est rendu compte que quand on a commencé à exploiter les résultats, qu’est-ce qu’on a noté : que 90% de ces 5000 personnes qui sont formelles, qui paient les impôts, paient l’impôt minimum de 10.000 FCFA et l’impôt qui correspond à quelqu’un qui déclare et qui fait moins de 1.000.000 de chiffres d’affaires par an. Quand on regarde les déclarations de pertes, la moyenne déclare qu’ils ont perdu 05 millions par mois et nous étions prêts à compenser les 05 millions par mois. Les instructions du chef de l’Etat étaient claires. Toutes les personnes qui sont dans le formel, le gouvernement allait leur apporter assistance à la hauteur du montant réel.

Mettez-vous à la place du gouvernement, mettez-vous à la place de l’Etat qui veut accompagner les citoyens, les opérateurs économiques. Et vous vous retrouvez devant quelqu’un qui dit à la même administration : « oh moi je fais moins d’un million de chiffres d’affaires par an et je paie que 10.000 francs et je fais 05 millions ; 10 millions de profit ». Alors le chef de l’Etat a été clair, il a dit : « cette procédure ne visait pas à faire un rapprochement avec les impôts, laissons tomber. Parce qu’on aurait pu dire, c’est la même administration. Vous me déclarez, vous faites 01 million et vous payez 10.000 francs, maintenant vous payez et vous me dites que vous faites 10 millions par mois. Mais on peut vous dire d’aller payer un peu plus, à juste titre. Et le Chef de l’Etat a dit non, nous sommes en train d’apporter un accompagnement à nos concitoyens, ne faites pas ce rapprochement. Mais ce qui touche, c’est que nous avons envie d’aider. Le chef de l’Etat a donné tout. Ceux-là qui déclaraient 10.000 francs auraient déclaré en son temps les vrais montants d’activités, on aurait payé les montants d’impôts dû qu’ils auraient 100% de leurs pertes. Mais mettez-vous à la place de l’Etat, qu’est-ce que l’Etat ferait. Fermer les yeux sur les déclarations d’impôts et donner plusieurs millions de compensation à quelqu’un ? On ne peut pas faire ça, c’est l’argent de tout le monde et vous voyez c’est ça qu’il faut qu’on continuer à changer. Il faut que nous continuions à remettre en cause certaines pratiques.

Nous faisons confiance à l’Etat, quand l’Etat dit, je vais faire ça. Vous voyez que depuis 04 ans, nous délivrons ce que nous proposons, malgré tous les chocs etc... Nous délivrons. Tout en prenant bonne note de ces doléances, je voudrais que chacun note quand même que nous avons été au niveau de l’Etat confrontés à plusieurs reprises à ces incohérences. Le citoyen ne veut pas juste être citoyen, il fait ce qu’il doit faire. Nous travaillons pour rendre notre économie résiliente. Le système de santé fort résilient, etc… mais pour l’économie, il faudrait que chacun apprenne que c’est parce qu’on est citoyen, c’est parce qu’on déclare, c’est parce qu’on apporte sa contribution que l’Etat a les moyens de vous assister en période difficile. Quand il y a pandémie et que l’Etat prend en charge 100% des médicaments pour soigner la Covid-19, c’est grâce au peu que chacun contribue.  La pérennité oui, ce qui marque dans toutes transformations c’est qu’elle soit durable. Nous avons le programme d’action du gouvernement sur 05 ans mais nous avons aussi le PND, le programme national de développement qui couvre aussi une période allant jusqu’à 2025. Et je pense que la mise en œuvre de ce plan avec sérieux, constance, permettra à ce qu’il y ait pérennité de ces performances. Mais nous n’avons aucun doute que, nous allons continuer les performances. Ce que nous voyons montre que les résultats viennent des fondamentaux, il ne s’agit pas des résultats comme ça, improvisés.

Il s’agit des résultats qui viennent de nos plans d’actions, des résultats qui viennent des réformes structurelles que nous posons dans tous les secteurs. Je garde bon espoir que nous allons continuer pendant longtemps cet élan-là qui dans la durée permettra d’apporter plus de prospérité à chacun et à tous. Et ça fait le lien avec le panier de la ménagère, c’est la question qui vient souvent. Ce qu’il faut dire c’est que vous voyez depuis le budget de 2019 et 2020, sur les instructions du chef de l’Etat qui a mis l’accent sur les dépenses de santé, les dépenses sociales, et ce qu’on appelle dépenses sociales prioritaires, c’est à dire tout ce qui doit être mis en œuvre pour que la population se sente mieux. En ce moment où je vous parle, nous avons un programme par exemple dans le bassin cotonnier pour apporter du soutien aux paysans, aux exploitants pour qu’ils fassent autre chose que le coton. Nous avons du soutien pour les exploitants qui font de l’anacarde, nous avons du soutien pour ce qui font du riz, nous avons un certain nombre de programmes qui permettent à un certain nombre de personnes de s’autonomiser, de travailler, de produire des richesses et ce que je n’arrête pas de dire c’est que notre choix, c’est de faire en sorte par le fruit du travail de chacun devienne prospère, indépendant, fier de se nourrir du fruit de son travail.

L’Etat créé les conditions, apporte l’appui pour que chacun puisse s’autonomiser, se développer. Vous savez que depuis que la crise du coronavirus a démarré, plusieurs pays ont promis beaucoup de soutien, la Banque Mondiale a été une institution très réactive qui nous a apporté beaucoup de soutien, le Fonds Monétaire aussi. Il y a plusieurs institutions aujourd’hui qui veulent aussi apporter du soutien mais les procédures sont tellement lentes que nous n’avons rien vu. Si le budget de l’Etat n’avait pas la capacité de réagir directement, on n’aurait pas pu être là où on est aujourd’hui. Donc le fruit du travail doit permettre de tenir les investissements productifs mais doit permettre à l’Etat aussi de se mettre en condition de réagir quand il y a des coups durs. Il ne faudrait pas que quand il y a un coup dur, l’Etat ne soit plus capable de payer les salaires, de faire tourner les administrations, de faire tourner les hôpitaux. Et donc l’idée que, de l’argent est distribué pour qu’on sente, cette idée là je pense que petit à petit il faut qu’on se l’enlève de la tête, mais ce qui compte c’est comment faire pour que chacun des béninois, chaque jour de plus en plus de béninois ait accès à de l’eau potable, ait accès à l’électricité, à un soin de santé de qualité, ait accès à des opportunités pour créer de la richesse. Et c’est à ça qu’on travaille.

Vous savez, je marche de temps en temps sur la route des pêches, et j’ai noté il y a deux, trois mois, sur le rond-point, fin pavés jusqu’à 01 kilomètre, j’ai décompté plus de 25 petits commerces. Il y a deux ans il n’y avait rien. Celui qui vend le « tévi kpo ata kpo », celui qui vend des noix de coco, celui qui fait du monyo, celui qui vend du riz… tout au long. Et j’étais bluffé, je dis mais il y a deux ans il n’y avait pas ça. Vous voyez et c’est ça le côté investissement productif. Vous investissez, vous faites la rue et vous rapportez de l’électricité. Il était lors de 19h mais parce qu’il y avait de la lumière etc… Les gens sont là-dessous et vendent et puis c’est sacré. Faites l’expérience vous allez voir. Et ça c’est l’exemple concret du fruit de la croissance. Plus de personnes qui ont accès à un métier et c’est ça la logique. Faire en sorte que de plus en plus de Béninois puissent avoir accès aux soins, aux services de base, il est malade, il est pris en charge, aujourd’hui, coronavirus on est pris en charge gratuitement. Avoir accès à de l’eau potable aux soins de qualité, etc…

C’est sur ça que nous travaillons et nous avons encore du chemin à faire et je peux vous assurez que quand on voit tous les efforts que nous faisons, s’il n’y avait pas toute cette crise je me demande où on serait en fait. Vraiment. Parce que dès Juin 2016, nous sommes venus toute suite dans un contexte économique régional difficile, avec le Nigéria qui faisait une dévaluation historique de sa monnaie, la restriction des opérations de commerce entre les deux pays, la fermeture des frontières, la Covid-19, etc… Et malgré ça les investissements se poursuivent et nous continuons à être présents pour répondre aux besoins de la population. Tout ça pour dire que la vision est bonne, les objectifs et la feuille de route pour atteindre ces objectifs sont clairs, nous allons continuer à travailler avec sérieux et plus nous allons avancer et plus la population sentira que l’Etat est à côté et que tout se passe bien.

Journaliste 5 : M. le Ministre, vous travailliez à rendre l’économie béninoise résiliente, selon vous le Béninois est-il un citoyen résilient ? M. le Ministre des Finances, vous avez rappelé les performances de l’économie béninoise. Le Bénin est désormais un pays à revenu intermédiaire, le béninois est-il un citoyen à revenu intermédiaire ? autrement dit, avons-nous gagné 400 dollars de plus ? si oui, dans quel domaine ou quel secteur M. le Ministre.

Journaliste 6 : Tout à l’heure en prenant la parole vous avez cité les performances avec à l’actif du Bénin, vous avez dit que vous n’allez pas tout citer maintenant. Ma question est celle-ci : alors si le Bénin se porte si bien, pourquoi fait-il si tant de prêts ? Merci M. le ministre.

MEF : Pour moi le citoyen résilient, c’est le citoyen qui évolue dans un environnement où il a le sentiment qu’il a la protection de l’Etat, donc quand il circule les forces de l’ordre sont là pour assurer sa sécurité, quand il est malade, il a accès à des soins de qualité, quand il veut se former il a accès à ça. Quand il est vulnérable et fait partie d’une catégorie extrême pauvre, il y a l’ARCH qui l’accompagne pour avoir accès gratuitement aux soins de santé, ou accès à de la micro finance, avoir accès à une retraite, etc… Ça c’est le citoyen résilient. Quand vous valorisez aujourd’hui, prenez un extrême pauvre quelques années en arrière et aujourd’hui, si on vous dit que cette personne aujourd’hui, quand elle circule elle n’est pas rançonnée par la police. Elle a un système d’éducation de meilleure qualité, elle a plus de chances d’avoir accès à de l’eau de meilleure qualité, il y a l’ARCH. Les populations aujourd’hui, je ne sais pas si vous avez vérifié, qui ont la carte RAVIP et qui bénéficient aujourd’hui du soin gratuit sont là, sans compter les soins pour les femmes, les césariennes, le palu pour les enfants etc… qui existent. Quand vous valorisez tous ces services nouveaux qui ont pu être mis en place et 400 dollars, ça représente quoi en F CFA ? Donc je pense que la question ne se pose pas de dire qu’individuellement, quand on dit qu’elle a augmenté en moyenne, essayé de le faire parce qu’il s’agit de travailler pour que le citoyen ait un cadre de vie général et une réalité d’opportunité d’avancer et de créer son business, de travailler sans que l’Etat ne soit un frein mais plutôt un moteur. Voilà ce que j’ai à dire sur ce point. Il y avait une question sur : pourquoi tant de prêt ?

Tout à l’heure je vous ai dit que la banque mondiale pendant plusieurs jours a affiché une opération de reprofilage de dette. Quand vous vous levez de la dette par exemple, dans notre cas, de la dette de très longue durée, taux très bas, pour remplacer par de la dette de même montant, mais qui était à court durer de même montant ; quelqu’un qui lit que vous avez encore levé de la dette va encore dire : « Ah il a encore pris de la dette » Mais la question c’est à quoi sert cette dette ? Donc, sans devenir technique, quand vous regardez l’évolution de nos taux d’endettements, vous voyez que par rapport au rythme d’investissement, il croit moins vite que l’investissement.

Ça veut dire que, aujourd’hui, sur ce que nous avons comme richesse dégagée, nous faisons tout pour que l’essentiel aille vers l’investissement, et que nous ne dépensons pas tout ce que nous avons gagné comme taxe que nous collectons. Les efforts que vous faites tous par les taxes que vous payez, ça sert bien à faire fonctionner l’Etat, ça sert à l’investissement et c’est le complément qui vient. Donc ce qu’il faut retenir c’est que quand vous avez le rythme de progression de la dette qui est moins fort que l’investissement, que vous savez que la dette sert à de l’investissement productif qui créé la richesse, il n’y a pas à s’inquiéter. La deuxième chose c’est que nous évoluons dans un monde où il y a des limites qui sont fixées. En matière d’endettement, le plafond des critères de convergence est de 70%. Nous nous sommes fixés 50% nous-même et nous ne sommes pas encore aux 50%. Donc à chaque fois qu’il y a de la dette nouvelle qui est prise, la première question c’est : « à quoi ça sert ? ». Nous sommes dans une gestion dynamique de notre dette et je peux vous dire, si demain on nous dit qu’il est possible d’aller à Hong-Kong, New-York ou je ne sais où... d’aller lever la dette à 01% pour venir rembourser celle qui est à 6%, nous allons le faire. Parce qu’à chaque fois qu’on économise des charges d’intérêts, c’est autant d’argent qu’on va prendre pour mettre dans la santé, dans l’éducation, dans les infrastructures. Donc ce qu’il faut vraiment regarder c’est l’évolution et non pas les montants individuels parce qu’on a eu l’année passée, fin d’année 2019, il y a quelques mois, par la Banque Mondiale, le prix de la meilleure gestion de dette, parce que nous avons fait des opérations que personne n’a fait jusque-là. Nous avons fait ce qui a été convenu d’appeler magie parce qu’avec 50 millions d’appui de la Banque Mondiale, on aurait pu prendre ces 50 millions en cash, nous avons dit que nous ne voulons pas les 50 millions en cash, nous voulons votre signature, votre garantie. Et grâce à ça nous sommes allés lever de la dette à la greffe à la signature de la dette, moins de 3% sur plus de 10 ans pour venir rembourser de la dette domestique qui était à 03 ans, 05 ans à 08 et demi % de la dette héritée quand nous étions venus à 08,5%. Et ça, ça été noté meilleure opération, et quand vous voyez ça et qu’on nous félicite ne dites pas : « Ah qu’est-ce qu’on fait avec l’argent ».

On est tellement surveillé que si on faisait n’importe quoi avec l’argent, ça se saurait. Mais de l’autre côté je veux aussi qu’on se décomplexe par rapport à la dette. Tout à l’heure nous avons parlé de pays à revenu intermédiaire et vous vous êtes inquiétés peut-être qu’on se ferme les capacités d’avoir accès à de la dette concessionnelle. C’est juste de la dette à taux très bas à durée longue. Mais savez-vous qu’aujourd’hui on peut avoir accès à des marchés ; à de la dette concessionnelle sans passer par la Banque Mondiale ni les autres institutions. Les taux d’intérêts sont négatifs et durablement négatifs. Il y a des pays qui sont aujourd’hui des pays à revenu élevé. Je suis d’accord avec vous que quand vous passez à un pays à revenu élevé vous ne pouvez plus avoir accès aux dons et aux prêts de la Banque Mondiale concessionnelle. Mais ces pays-là ont accès à des dettes de type perpétuel. C’est-à-dire que comme vous êtes un pays hyper riche à revenu élevé, limite on a envie de poser ses épargnes chez vous, les gens ont envie que vous gardiez perpétuellement leurs sous. Il y a des pays qui aujourd’hui émettent de la dette. C’est à plus de 100 ans c’est-à-dire que c’est à rembourser un jour, et on paie juste 01% moins d’01% d’intérêt parce que vous êtes à revenu élevé. Alors quand le Bénin est dans la course de monter, n’ayez crainte. Si on change un jour de revenu intermédiaire et on devient élevé, je suis d’accord on aura plus des prêts concessionnels mais on aura mieux que ça. Parce qu’une dette perpétuelle où vous avez l’argent, parce qu’on dit mais, il est tellement riche qu’on peut lui confier l’argent, c’est encore mieux que d’aller prendre de la dette concessionnelle.

Donc sachez que nous sommes dans un monde où on dit généralement qu’on ne prête qu’aux riches, donc plus vous restez, plus vous montez, les solutions sont différentes mais existes et sont généralement mieux qu’aux outils disponibles pour le très, très pauvre. Donc voilà pour la dette, vous voyez les grands pays de ce monde ont des taux de dette qui sont des multiples de leur PIB. Il y a des pays qui sont à 100%, 200% de leur PIB mais pourtant ils tiennent. C’est des pays qui aujourd’hui investissent. Ils ont déjà réglé les problèmes comme les infrastructures, qui investissent aujourd’hui pour faire de l’économie verte, pour faire de l’innovation, pour autres choses. Et nous qui avons besoin encore d’apporter les services de bases pour régler des problèmes dans le pays, on va se dire attention, non, on ne va pas non, on ne va pas… La dette sert à un investissement productif qui avec 100 va permettre de générer plus que 100, pour le faire surtout quand vous avez la capacité et nous, tout ça est encadré dans une stratégie nationale d’endettement qui fixe des critères encore plus stricts que les critères autorisés.

Je remercie chacun pour les questions, qui m’ont permis d’apporter peut-être quelques clarifications. J’espère que j’aurais permis à chacun ici de repartir rassuré et fier d’être Béninois, rassuré que demain sera meilleur, rassuré que nous sommes sur la bonne route, rassuré que le chef de l’Etat et l’ensemble de son gouvernement veille chaque jour à ce que personne ne soit mis à côté de la route. Nous faisons tout pour qu’à chaque fois que nous gagnons un peu plus d’argent, une partie significative de cet argent soit vraiment destiné aux dépenses de soutien aux pauvres et aux extrêmes pauvres. Car, c’est en réduisant la pauvreté réellement qu’on se développe et je suis content que quand on regarde la progression des indices de développement humain, je préfère encore ces indices à tous les autres indices macro. On voit que le Bénin par des sources indépendantes, le PNUD voit qu’il y a des progrès. Je compte sur vous tous pour continuer à nous soutenir, pour apporter des critiques, parce que vos critiques nous nourrissent et nous permettent de mieux faire. Et je suis convaincu que, en vous écoutant, en écoutant vos critiques, en ajustant ce qu’il faut ajuster, nous sommes sûrs que vous allez continuer à être tous fiers du Bénin. Que le Bénin va continuer à étonner, dans la sous-région, au niveau de l’Afrique et au plan International.

Merci

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