Assemblée nationale / Budget gestion 2020 : Le ministre de la santé a défendu un peu plus de 70 milliards de FCFA

«Nos populations ont besoin d’avoir les réflexes et attitudes recommandés de prévention et à fréquenter spontanément nos formations sanitaires en cas de nécessité, sans qu’elles n’ait à tergiverser» a déclaré le ministre Benjamin HOUNKPATIN

Comptes rendus

Le Professeur Benjamin HOUNKPATIN, Ministre de la santé, accompagné de ses cadres, collaborateurs à divers niveaux de la chaîne budgétaire, était le jeudi 21 novembre 2019, face aux membres de la Commission du Budget et des Finances de l'Assemblée nationale, 8è législature. Il était allé présenter les axes prioritaires du budget de gestion exercice 2020 de son département ministériel.

Le plaidoyer du ministre a duré plus de trois heures d'horloge devant les honorables députés. Des questions et des réflexions très pertinentes ont été soulevées par les députés dont certains ont même voulu un budget plus consistant et plus ambitieux d'environ 15% du budget général de l'Etat, conformément aux engagements pris par les gouvernements africains à Abuja, en avril 2001, de consacrer ce pourcentage de leur budget à la santé. Pour l’instant, seuls 6 pays africains ont satisfait à cette exigence. Et nos députés à l’Assemblée nationale nourrissent cette ambition de doter le ministère de la santé d’une telle cagnotte. Car, ont-ils quasiment tous dit: "la santé n'a pas de prix".

En attendant, le Professeur Benjamin HOUNKPATIN a sollicité leur accompagnement en termes de capacité de sensibilisation pour contribuer à élever le niveau de conscience des populations aux mesures de prévention des maladies dont les taux de morbidité et de mortalité méritent des actions soutenues. «Nos populations ont besoin d’avoir les réflexes et attitudes recommandés de prévention et à fréquenter spontanément nos formations sanitaires en cas de nécessité, sans qu’elles n’ait à tergiverser» avant de conclure: «Nous comptons que vous allez nous y aider». Lors des débats ayant suivi cette doléance, le ministre de la santé a retenu que les députés sont disposés à être à ses côtés pour la cause qui est commune.

A peine a-t-il fini son lobbying vis-à-vis des députés qu'il devait se prêter aux préoccupations des médias à travers un point de presse dont voici les éléments :

Mesdames et Messieurs les journalistes, 

A l’issue de mon passage devant les Honorables députés pour l’examen du budget 2020 du secteur santé, c’est avec un réel plaisir que je voudrais vous faire la synthèse des défis du secteur santé et des efforts que le gouvernement projette pour 2020. 

Le Ministère dans l’accomplissement de sa mission, s’est donné comme objectif général, d’assurer à chacun et à tous un bon état de santé selon le cycle de vie d’ici 2022. Cet objectif général se décline en trois objectifs spécifiques que sont:

1. améliorer le leadership, la  gouvernance et la gestion des ressources dans le secteur de la santé ;

2. assurer une bonne prestation de service de santé et une meilleure qualité de soins pour l’atteinte des Objectifs de Développement Durable ;

3.         renforcer le partenariat pour la santé.

La situation sanitaire du Bénin est caractérisée par:

-          une forte morbidité du paludisme (15,2%) en général, accentuée par  une  mortalité élevée chez l’enfant (36,7%); 

-          un taux de mortalité infantile de 55‰ et un taux de mortalité maternelle de 391 pour 100.000 naissances vivantes;

-          un accès aux soins de santé de base limité pour les pauvres du fait des barrières financières et organisationnelles;

-          une rareté des ressources humaines en ce qui concerne certaines spécialités sans oublier le départ massif à la retraite des agents tous corps confondus;

-          une couverture en infrastructures sanitaires de premier contact qui semble être satisfaisante, avec néanmoins quelques disparités régionales; 

-          la santé des adolescents et jeunes qui constitue un véritable challenge; 

-          des difficultés dans la matérialisation de la contribution de la médecine traditionnelle à la résolution des problèmes de santé;

-          le coût élevé des intrants pour qualifier le sang aux fins d’assurer une sécurité transfusionnelle; 

-          la recherche, un des piliers majeurs de la promotion de la santé qui est insuffisamment sollicitée.

Le Gouvernement du Président Patrice TALON, à travers son Programme d’Action (PAG) 2016-2021 et le Plan National de Développement Sanitaire 2018-2022, œuvre à améliorer la situation sanitaire pour le bien-être des populations béninoises. 

Au regard de tous ces constats, mon département se doit d’apporter des solutions idoines. A cet effet, des réformes majeures ont été engagées notamment:

•         l’assainissement de l’exercice en clientèle privée à travers la fermeture des formations sanitaires  privées non autorisées;

•         la lutte contre la vente de médicaments de qualité inférieure et falsifiés;

•         la mise en place de la commission chargée du contrôle des structures de prestation des soins médicaux;

•         l’assainissement du mécanisme de gestion des évacuations sanitaires;

•         l’optimisation de l’utilisation du personnel médical spécialiste dans les formations sanitaires;

•         la mise en place et le fonctionnement des nouvelles institutions et structures: - Autorité de Régulation du Secteur de la Santé (ARS), - Agence Nationale des Soins de Santé Primaires (ANSSP), - Agence Béninoise de Règlementation Pharmaceutique (ABRP), etc.;

•         la mise en place d’un canal fonctionnel de gestion des plaintes et des relations avec les usagers.

Gestion du budget 2020: 

Le budget élaboré pour l’année 2020 s’inscrit dans le cadre de la réalisation des objectifs du PNDS 2018-2022 et des grandes orientations du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) 20162021 à travers les trois programmes budgétaires: 

1.         Pilotage et soutien aux services du Ministère de la Santé;

2.         Prévention et sécurité sanitaire; 

3.         Offre et accès aux soins de santé.

BUDGET ALLOUE AU MINISTÈRE DE LA SANTE AU TITRE DE 2020 

Les ressources allouées au secteur santé, telles que mentionnées dans le Cadre de Dépenses à Moyen Terme (CDMT) s'élèvent à 70,319 milliards en 2020 contre 63,610 milliards en 2019, y compris les dépenses non réparties. Elles sont en augmentation de 6,709 milliards soit 9,54%.

Le budget se décompose en:

Fonctionnement: 55,219 milliards

Investissement : 15,100 milliards

ACTIVITÉS PHARES POUR 2020 

Essentiellement il s’agit de la poursuite des mesures sociales en faveur de la population et de la mise en place des nouvelles structures engendrées par la réforme du secteur :

-           l’opérationnalisation du nouveau décret portant Attribution, Organisation et Fonctionnement (AOF) du Ministère de la Santé avec la mise en fonction des nouvelles structures telles que l’ARS, l’ANSSP, l’ABRP, les Conseils nationaux de soins de santé primaire et de médecine hospitalière …

-           la poursuite de l’expérience pilote du volet Assurance-Maladie de l’ARCH en vue de sa mise à l’échelle nationale ; 

-           la prévention et la prise en charge des maladies non transmissibles et transmissibles;

-           le renforcement des ressources humaines qualifiées en faveur des formations sanitaires;

-           le démarrage du chantier de construction d’un Centre hospitalier de référence de rang régional à Abomey-Calavi

-           la sélection et la mise en fonction des relais communautaires sur les fonds FADEC-Santé Communautaire;

-           le renforcement du partenariat public privé pour une meilleure couverture en services de santé; 

-           l’acquisition d’une IRM (CNHU) et d’un scanner (CHUD Borgou);

-           la construction de l’unité de dialyse du CHUD Ouémé/Plateau;

-           l’acquisition d’équipements de dialyse au profit du CNHU-HKM, des CHU du Borgou et de l’Ouémé et, du CHD Zou;

-           la poursuite de la mesure de gratuité de la césarienne et de gratuité de la prise en charge du paludisme chez les enfants de moins de 5ans et les femmes enceintes;

-           l’acquisition de vaccins pour faire face aux épidémies;

-           le renforcement de la prise en charge des femmes victimes de violence. 

- l’autonomisation des formations sanitaires en eau et en énergie électrique par la réalisation de forages dans 103 centres de santé et l’installation de système photovoltaïque dans 80 centres de santé;

-           l’équipement des antennes départementales de transfusion sanguine d’Abomey, de Parakou et de Porto-Novo; 

-           le renforcement de la sécurité transfusionnelle;

-           la poursuite de l’acquisition des ambulances médicalisées au profit des hôpitaux démunis: à ce jour, 27 ambulances ont été acquises sur les 35 prévues;

-           le renforcement du plateau technique des Centres Hospitaliers existants (imagerie médicale, équipement bloc, laboratoire, maternité, urgence);

-           la poursuite de la construction des hôpitaux de zone (Pobè, Savè, Tchaourou et Kouandé, etc…);

-           la réhabilition des infrastructures sanitaires existantes.

Devant les nombreux défis à relever pour le bien-être sanitaire des populations du Bénin, j’invite tous les acteurs du secteur santé à plus de solidarité pour garantir plus de synergie et d’alignement sur les priorités du Programme d’Action du Gouvernement, que le Ministère de la Santé a traduit dans ses différents documents de politiques et d’orientation.

Enfin, je voudrais dire au nom de tous les acteurs du secteur santé et en mon nom propre toute ma gratitude au Président de l’Assemblée Nationale et à tous les

Honorables Députés pour leur écoute et leurs observations pertinentes à l’occasion de cet exercice d’examen du budget 2020 du Ministère de la Santé.

Merci à tous

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